Chazelles/Lyon, le 14/10/17

Salon du livre, auditorium de la Chapellerie

EN COMPAGNIE DE BRUNO BREL & DE VINCENT ROCA

ENTRETIENS (16)

Hommage à Bruno Brel : Voici un artiste belge émigré en Picardie. Entre la Flandre et la Picardie, pas d'obstacle naturel majeur, la frontière est un artifice conventionnel. Et l'on sait combien l'artiste échappe au convenu et à l'artificiel. Et l'on sait aussi que chez les Brel, soit on s'encartonne - je veux dire qu'on travaille dans la cartonnerie familiale - soit on court après une inaccessible étoile. L'oncle Jacques, en son temps, nous l'avait expliqué : fuir le carton afin de mieux brouiller les cartes célestes ! Certes, Bruno Brel possède de sacrés atouts pour jouer de surprenantes parties. Les pieds sur les planches, la voix dans les mots, les fesses sur les motos, les mains au guidon, les doigts au crayon, les yeux ailleurs, le coeur au ventre, le ventre à terre. Bref, Brel, Bruno, joue avant tout de lui-même et sa course traverse un monde souvent moche où il crie que la vie, elle, est bien belle (j'ai failli écrire bien Brel).

ENTRETIENS (1)

Hommage à Vincent Roca : Jadis chroniqueur à France-Inter, Vincent Roca croqua portraits et tableaux en deux coups de cueiller à mots et en trois coups de brosse à redire. Aussi, en 2011, lui attribua-t-on un sujet de contentement : le prix Raymond Devos (dont il est dévot). Son art relève du contrepoids. En effet, quand tout autour de lui semble fardeau, ce textuagénaire ne tarde guère à placer nos tares sur les plateaux de son théâtre où il pratique le rejet des poids : poids des jours et de l'ennui, poids des faibles et de l'effort, pouah des brutes et poids (proies ?) des doutes. Athlète du vertige, poète de l'élan, esthète du déséquilibre, Vincent Roca cultive un charme qu'il enracine dans le terreau de l'amitié et arrose en puisant dans le tonneau de la fidélité. Et en la matière, il ne passe pas outre... si elle n'est de vin.

(Photos : Serge Féchet et Anne Onim)

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