Boisset-Saint-Priest (Loire), le 19/03/17.

 Tourne, tourne, tourne manivelle, chante, chante, chante ritournelle...

Kiki et Vonvon sont tourneurs : ils jouent de l'orgue de Barbarie et chantent partout et de tout. Kiki, c'est elle, Christiane, la brune souriante souvent derrière l'orgue où sa voix jaillit comme une flûte de plus. Vonvon, c'est lui, Yves, le grand devant l'orgue et qui lance les couplets avec un rien de canaille ou un geste de semeur. 

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Dans la semaine, ils sont comme vous et moi, un monsieur Toutlemonde et une madame Nimportequi ; une fois le travail mis de côté ils chantent pour un oui pour un non, pour le plaisir de chanter, pour la joie de faire entendre leurs chansons préférées, pour les amis, pour un anniversaire, pour des inconnus, pour le défi d'attirer le passant, de retenir l'homme pressé, de faire retourner la fille aux écouteurs, pour rien, car le propre de l'être humain, selon eux, c'est le chant. Ils sont fidèles aux festivals de Colmar, de Saint-Galmier, d'Oingt... et un jour, ils iront tourner leur manivelle en Europe de l'Est, là les orgues de Barbarie conservent une popularité naturelle.

Leur instrument sort de l'atelier d'Emmanuel Odin, l'un des rares facteurs français. Un homme qui, sans doute, possède plus de doigts habiles que le commun des mortels. Un homme - chut - le chien... a des préférences musicales, des "cartons" choisis et qui pousse volontiers la serinette. On ne s'étonnera plus désormais que les modulations expressives des canidés puissent s'étoffer à l'aboiement lyrique.

Kiki & Vonvon, eux, poussent la ritournelle en langue française, acceptant les serinettes d'antan mais aussi les nouveautés contemporaines. Mais comment devient-on tourneurs de manivelle et pourquoi ?