Bulle Berry, XXème festival de bande dessinée

Bourges, le 02/10/16

Il apprend le métier grâce à la loi de 1949, dure censure des publications de jeunesse.

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Natif de Toulouse, Jean-Yves Mitton entre aux Beaux-Arts de Lyon. Les éditions Lug lui confie un travail de retouche. Il s'agit de supprimer des Comics reçus des Etats-Unis les éléments non conformes à la déontologie de la loi de 1949. Censure morale mais aussi résistance face à l'Ouest. Jean-Yves Mitton apprend à dessiner à la manière des maîtres yankees, puis des maîtres italiens, à détailler une case, à organiser une planche. Il reprendra Pim-Pam-Poum, Blek le Roc. Puis François Corteggiani l'appelle à Paris. Il crée Noël et Marie chez Pif et l'Archer Blanc dans le Journal de Mickey.

Les quinze albums de Vae victis, épopée de la Guerre des Gaules adaptée par Simon Rocca, restent une oeuvre réaliste, convaincante, superbe. "Vercingétorix" est un titre gaulois porté par Celtill que croise Ambre, jeune femme esclave devenue guerrière, opposée au joug romain. Réalistes les pages de De silence et de sang, histoire de la mafia américaine, sur un scénario de Corteggiani d'après les notes tenues par Jean-Michel Charlier pour ses Dossiers Noirs. Jean-Yves Mitton s'amuse avec le dessinateur Michel Rodrigue à revisiter le 16ème (le siècle) et imagine, tout en salivant toutes les trois pages, de Truculentes aventures de Rabelais. Il lâche encore crayons et gommes pour confier Colorado à Georges Ramaïoli  (mais ne serait-ce pas Simon Rocca ?) et Le Dernier kamikaze à Joël Molinari (dont ce sera l'ultime envol), camarade issu lui aussi de la BD populaire des petits formats qu'on achetait ("qu'on empruntait" tousse  Bernard Capo...) au bar-tabac du coin. De la guerilla gauloise aux combats mafieux, c'est là que le maître nous "mitonne" le meilleur de son art.  

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